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tion serait détruite par les moyens mêmes qu’on au-rait établis pour la conserver. Il est donc évident quece n’est point par une force purement physique qu’unpeuple peut conserver ses institutions ; mais com-ment les conservera-t-il ? Je l’ai déjà dit, en con-fondant ses mœurs , ses lois et sa religion , de tellesorte qu’elles ne fassent qu’un tout dans l’esprit descitoyens. Il faut que les hommes auxquels la loiconfie la direction de la force publique, soient si imbusdes institutions de l’état, qu’ils ne puissent pas con-cevoir l’idée de les renverser, sans craindre en mêmetemps de détruire la base de leur puissance , il fautque tous les magistrats soient intimement convain-cus que l’atteinte la plus légère portée à la consti-tution , est un attentat à la liberté publique, et qu’ilsne peuvent trouver leur sûreié que dans le plus scru-puleux accomplissement de leurs devoirs : il fautque chaque citoyen connaisse si bien les lois quidoivent servir de règle.à sa conduite, ou qui les pro-tègent, qu’au premier .signal des magistrats , il soittoujours prêt à prendre les armes contre l’individuqui tenterait d J y porter atteinte ; il faut enfin quecelui à qui la loi confie la force publique, trouve danscelte force même une résistance invincible , toutesles fois qu’il voudra l’employer à détruire les ins-titutions que le peuple s’est données. Alors, et seu-lement alors, une nation pourra conserver son in-dépendance 5 mais tant qu’on emploiera d’autresmoyens , elle jouira pendant quelque temps d’uneapparence de liberté , et finira par tomber sous ledespotisme.