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Il n’appartient sans doute qu’à un grand hommede donner de bonnes institutions à un peuple ; maissi le législateur n’a pas soin de les affermir, s’il aban-donne à leur propre force les magistrats chargés de 'les conserver, et ne les entoure pas de cette force mo-rale qui seule fait la durée des empires ,des concep-tions de son génie périront avec lui , et l’état retom-bera dans scs anciennes habitudes , si toutelois il nedevient pas la proie du premier ambitieux qui voudras’cn emparer.
Ce serait, au reste , une grande erreur de croirequ’on pourrait prévenir l’usurpation du pouvoir, enremettant aux magistrats chargés de veiller au main-tien des lois constitutives de l’état une portion de laforce publique ; car la force qu’on leur remettrait6erait nécessairement inférieure, égale ou supérieureà celle qui serait remise aux magistrats chargés dupouvoir exécutif; si elle était inférieure , la puissanceexécutive restant assez forte pour les dépouiller deleur caractère , ils ne pourraient se maintenir , etconserver ainsi l’espoir de rétablir la constitution,qu’en y laissant porter des atteintes continuelles ; siellé était égale, les deux corps s’entraveraient mu-tuellement , l’un cherchant toujours à usurper lapuissance de l’autre : enhu; si elle était supérieure,le pouvoir exécutif serait trop faible , et la constitu-
personnes , qu’elles suivent l’histoire de notre révolution ,et qu’elles nous disent pourquoi le peuple ne s’est jamaisopposé au renversement des institutions nouvelles.