r Machiavel observe qu’une révolution laisse tou^jours après elle les moyens d’en faire une autre : or ,si l’on veut se donner la peine de réfléchir, ou verraque la cause de ce phénomène existe constammentchez nous , et qu’elle est encore un effet des vicesde notre éducation. Si les changent eus sont si facilesà opérer à la suite d’une révolution , c’est parce quele peuple , ignorant le bien et le mal qui doivent ré-sulter des nouvelles institutions qu’il s’est données ,est obligé de voir les choses comme on vent leslui faire voir , et de suivre l’impulsion qu’on luidonne.
Une institution ne peut donc avoir de la stabilitéque lorsqu’elle est sanctionnée par l’opinion publique;c’est-à-dire , lorsque les résultats en sont si bienconnus , et qu’elle tient si fortement aux préjugés etaux habitudes de chacun des citoyens , qu’il est im-possible d’y porter atteinte sans attaquer la nationtoute entière. Mais qu’importe qu’une institution soitancienne ou nouvelle, si personne ne la connaît, ousi l’on ne sait pas en apercevoir les résultats ? Etcomment pourrait-elle être sanctionnée par l’opinionpublique , si le public ne la connaît pas , on si l’onpeut la renverser sans porter atteinte à ses mœurs ouà ses habitudes (î) ?
fourniraient bientôt en France une nouvelle preuve de lavérité de cette observation.
(1) Si cette vérité pouvait paraître douteuse'à quelques