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1 (1815)
Entstehung
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292
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et ne produira jamais rien de grand, si tous les espritsne sont pas dirigés vers le même objet, cest-à-diresi les lois et la morale ne nous apprennent pas àsubordonner nos affections particulières à lintérêtgénéral. Supposons , en effet, une société composéede cinq personnes : que la première veuille lagri-culture; la seconde, le commerce ; la troisième , lesarts ; la quatrième, les sciences ; et la cinquième,lignorance ; et que chacune delles, ne voulant riensacrifier à lintérêt commun, cherche, pour sélever,à déprécier tout ce qui ne favorise pas lobjet de sapassion. !Nest-il pas évident que chacun des associésayant quatre voix contre la sienne, sera contraint dedemeurer dans linaction, ou nemploiera sa forceindividuelle que pour nuire à ses coassociés. Léqui-libre , dira-t-on, finira par se rompre : à la bonneheure ; mais les choses en iront-elles mieux , lorsquelun entraînera tous les autres ?

Cependant multipliez chacun des membres sansrien changer aux rapports , et vous aurez limagede la grande société : chacun cherche à élever unmétier au détriment de celui des autres ; chacunemploie, ses facultés individuelles , dabord pour sonintérêt personnel (1), et ensuite pour celui de sa cor-poration ; quant à lintérêt public, cest à quoi lon11e songe guère ; et cest de que naît cet esprit

(1) Je dis dans son intérêt personnel , pour me confor-mer au langage reçu ; car Vintérêt personnel , bien en-

tendu, nest au fond que lintérêt général.