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dangers et la profondeur des abîmes qui les envi-ronnent que lorsqu’ils y sont engloutis.
Mais ce n’est pas assez de laisser ignorer aux en-fans les principes de morale et de législation quidoivent servir de règle à leur conduite : on les cor-rompt encore par les ouvrages qu’on met entre leur smains, et par les éloges qu’on prodigue à leurs au-teurs : je veux parler de Virgile, d’Horace , de Boi-leau , grands poëtes sans doute, mais très-mauvaiscitoyens. On oblige en-quelque sorte les jeunes gensà admirer ces écrivains ; mais comment veut-onqu’un jeune homme qui a quelque noblesse dans lessentimens-, et qui sait apprécier les vertus de Catonet de Brutus , puisse lire sans dégoût les œuvres deslâches adulateurs de César et d’Octave? Cependanttelle est notre stupidité, que, pour former quelquesmauvais poëtes, nous consentons à n’avoir que descitoyens lâches et corrompus. Et que résulte-t-il delà?que si quelque ambitieux usurpe l’autorité souve-raine, et se sert de son pouvoir pour écraser la nation,'il n’est pas un petit poëte qui. ne s’empresse de secréer un Mécène, et de faire son ode au nouvel Auguste.Vous qui admirez la manière dont vous élevez lajeunesse, lisez tous les vers adressés à Bonaparte , sivous en avez le courage , et dites-nous ensuite cequ’on doit attendre de bon de vos élèves.
La diversité d’opinions et d’intérêts qui existe dansla société, doit encore être attribuée aux mêmes vices
de l’éducation. Une nation sera toujours misérable-
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