( (i) 2 . 9 ° )
la suite d’une escroquerie sont plus grands que ceuxqu’entraînent l’adultère et la séduction ? Non, c’estparce qu’on a reçu une morale vicieuse, et qu’on netrouve ordinairement des escrocs que dans la plusbasse classe de la société tandis qu’on trouve desadultères dans toutes les classes.
Tel homme qui, dans ses relations privées, est in-
«D .
capable de rien faire contre la probité, ne se liait au-cun scrupule, dans une élection publique, de donnerson suffrage à un individu sans mœurs et sans talens ;cependant, que cet individu soit un Marat, un llo-bespierre ou tel autra, les malheurs qui résulterontd’un pareil choix seront infiniment plus grands queceux qui seraient la suite d’un meurtre ou d’un assas-sinat. Mais nous ne voyons pas si loin : si un hommeen place est un scélérat ou un sot ignorant, nousnous déchaînons contre lui, et nous laissons en paixceux qui l’ont élevé ; nous ressemblons à ces animauxstupides qni se jettent avec fureur sur le fer dont ilsont été blessés, et ne songent pas à l’ennemi qui l’alancé sur eux (i).
Ainsi, ne connaissant pas mieux les règles de lasaine morale que les dispositions des lois, les hommesn’ont aucun principe qui leur serve de guide : ils seconduisent dans la société comme des aveusdes dans
D
un champ semé de précipices ; ils ne connaissent les
(i) C’est surtout relativement aux élections publiques
qu’il importe au gouvernement et à la nation que lesesprits soient éclairés.