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qui, par un sentiment conlus qu’ils tiennent de l’é-ducation, ne soient avertis qu’une action est bonneou mauvaise. Mais dans un pays où les mœurs sontvicieuses, il arrive souvent qu’une action est con-damnée par les lois, quoiqu’elle ne le soit ni parl’opinion publique ni pan la religion, ou qu’elle estcondamnée par l’opinion delà multitude, quoiqu’elle11e doive pas l’être par les lois (1).
Qu’un homme en place, par exemple, ait la bas-sesse d’accepter des présens pour faire des actes de safonction , justes d’ailleurs, mais non sujets à salaire ;les hommes qui se piquent le plus de probité dirontqu’il a manqué de délicatesse ; mais les lois dirontqu’il est un infâme , et le condamneront au carcan.Que d’un autre côté un citoyen vertueux ait le cou-rage de dévouer ses enfans à la mort pour le salutde la chose publique , cette multitude de gens hon-nêtes et sensibles , qui sacrifieraient, sans regret,l’état tout entier à leurs familles , le regarderontcomme un homme abominable ; mais les lois devront-elles le punir?
Il est des vols que la loi punit moins sévèrementque l’adultère, ou que la séduction dans certainscas; cependant tel homme qui se croirait déshonorépour le reste de ses jours s’il était condamné pourune escroquerie, se glorifiera d’avoir séduit la femmede son ami, et ne se fera aucun scrupule de lui enle-ver sa fille. Est-ce parce que les malheurs qui sont
( 1 ) D’Aguesseau, Institution du droit public , art. 3 , § 7.Tom. I er . Cahier 7.
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