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avant que de le commettre , et qu’il s’y est poul*ainsi dire volontairement soumis.
Mais cette supposition est-elle en effet bien fon-dée? Est-il vrai que., dans la société , toute personnecapable d’agir avec discernement connaît la peineattachée à chaque genre de délit? Nous ne devonspas craindre de le dire, ce sont précisément ceuxqui, par leurs besoins, se trouvent le plus exposésà violer les lois, qui les connaissent le moins. Inter-rogez un homme du peuple, ou même un hommedont l’éducation a été soignée, soit sur nos lois ci-viles , soit sur nos lois criminelles , et vous verrezcomment il vous répondra : il vous dira bien, parexemple, qu’elles défendent de prendre ou de retenirle bien d’autrui , parce qu’il l’a entendu dire 5 maissi vous lui demandez ce que c’est que le bien, d'autrui^et ce qui fait qu’une chose est le bien d’autrui, je suisbien persuadé qu’il aura de la peine à comprendrevotre demande.
Les dispositions des lois pénales ou criminelles nelui sont pas mieux connues ; il sait 'que l’assassinatest puni de mort, et que le vol est puni d’un empri-sonnement et quelquefois des travaux forcés, parcequ’il a vu punir des assassins et des voleurs 3 maisquel intervalle immense entre une contravention desimple police, et un crime qui peut être puni destravaux forcés à perpétuité! C’est cependant cetinter-Valle qu’il ne sait pas mesurer, et qu’il connaîtraitparfaitement, si, comme chez les anciens, il avaitappris les lois dans son enfance.
Il faut avouer cependant qu’il est peu d’hommes