Druckschrift 
1 (1815)
Entstehung
Seite
288
Einzelbild herunterladen
 

( a88 )

avant que de le commettre , et quil sy est poul*ainsi dire volontairement soumis.

Mais cette supposition est-elle en effet bien fon-dée? Est-il vrai que., dans la société , toute personnecapable dagir avec discernement connaît la peineattachée à chaque genre de délit? Nous ne devonspas craindre de le dire, ce sont précisément ceuxqui, par leurs besoins, se trouvent le plus exposésà violer les lois, qui les connaissent le moins. Inter-rogez un homme du peuple, ou même un hommedont léducation a été soignée, soit sur nos lois ci-viles , soit sur nos lois criminelles , et vous verrezcomment il vous répondra : il vous dira bien, parexemple, quelles défendent de prendre ou de retenirle bien dautrui , parce quil la entendu dire 5 maissi vous lui demandez ce que cest que le bien, d'autrui^et ce qui fait quune chose est le bien dautrui, je suisbien persuadé quil aura de la peine à comprendrevotre demande.

Les dispositions des lois pénales ou criminelles nelui sont pas mieux connues ; il sait 'que lassassinatest puni de mort, et que le vol est puni dun empri-sonnement et quelquefois des travaux forcés, parcequil a vu punir des assassins et des voleurs 3 maisquel intervalle immense entre une contravention desimple police, et un crime qui peut être puni destravaux forcés à perpétuité! Cest cependant cetinter-Valle quil ne sait pas mesurer, et quil connaîtraitparfaitement, si, comme chez les anciens, il avaitappris les lois dans son enfance.

Il faut avouer cependant quil est peu dhommes