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lois, la morale et la religion, et de l’ignorance desunes et des autres.
On a vu que les anciens apprenaient à leurs en-fans les lois en même temps que la morale et la re-ligion ; et que les idées qu’ils leur donnaient à cetégard se liaient si fortement ensemble, qu’elles deve-naient la règle de leur conduite pour le reste de leurvie. Aujourd’hui l’on agit tout différemment, on secontente d’apprendre aux enfans quelques principesde religion auxquels ils n’entendent rien ; ou si onleur enseigne quelques principes de morale , c’estavec si peu de discernement qu’il vaudrait peut-êtremieux ne point leur en parler du tout. Ensuite onmet entre leurs.mains et l’on présente à leur admira-tion quelques grands poè'tes, dont la plupart furentde très-mauvais citoyens.
Cette méthode produit des résultats si évidemmentmauvais , qu’il suffirait de leur supposer une causedifférente pour que tout le monde en fût révolté. Siquelqu’un proposait en effet de tenir les lois si si-crètes que nul ne pût les connaître que lorsqu’il s’a-girait d’en faire l’application, ou bien d’établir uneloi qui , revenant sur le passé, déclarât punissablesdes actions qui ne l’étaient pas au moment où ellesauraient été commises, il n’est personne qui ne fûtindigné d’une telle proposition, parce qu’il n’est per-sonne qui voulût habiter un pays où l’homme quis’endormirait innocent pouirait être trouvé coupableà son réveil. Si donc nous voyons sans regret punirun citoyen en vertu des lois, c’est parce que noussupposons qu’il a connu la peine attachée à son déli t