Druckschrift 
1 (1815)
Entstehung
Seite
287
Einzelbild herunterladen
 

( a8 7 )

lois, la morale et la religion, et de lignorance desunes et des autres.

On a vu que les anciens apprenaient à leurs en-fans les lois en même temps que la morale et la re-ligion ; et que les idées quils leur donnaient à cetégard se liaient si fortement ensemble, quelles deve-naient la règle de leur conduite pour le reste de leurvie. Aujourdhui lon agit tout différemment, on secontente dapprendre aux enfans quelques principesde religion auxquels ils nentendent rien ; ou si onleur enseigne quelques principes de morale , cestavec si peu de discernement quil vaudrait peut-êtremieux ne point leur en parler du tout. Ensuite onmet entre leurs.mains et lon présente à leur admira-tion quelques grands poè'tes, dont la plupart furentde très-mauvais citoyens.

Cette méthode produit des résultats si évidemmentmauvais , quil suffirait de leur supposer une causedifférente pour que tout le monde en fût révolté. Siquelquun proposait en effet de tenir les lois si si-crètes que nul ne pût les connaître que lorsquil sa-girait den faire lapplication, ou bien détablir uneloi qui , revenant sur le passé, déclarât punissablesdes actions qui ne létaient pas au moment ellesauraient été commises, il nest personne qui ne fûtindigné dune telle proposition, parce quil nest per-sonne qui voulût habiter un pays lhomme quisendormirait innocent pouirait être trouvé coupableà son réveil. Si donc nous voyons sans regret punirun citoyen en vertu des lois, cest parce que noussupposons quil a connu la peine attachée à son déli t