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les peuples de la terre (1). Alors , si les hommes n’a-vaient pas été plus sages dans leur conduite que danscertaines de leurs opinions, ils auraient vu le servi-teur des serviteurs de Dieu s’asseoir sur le trône dumonde, et leur commander comme à des esclaves.L’exagération de ces,prétentions en fit bientôt voirle ridicule, et insensiblement elles devinrent plusmodérées ; mais la morale religieuse n’en demeurapas moins séparée des institutions civiles , et lesmaux qui furent la suite de cette séparation n’en fu-rent pas moindres.
Je ne rappellerai point ici les désordres et lesguerres civiles dont elle a été la source , et qui n’au-raient .peut-être jamais existé si l’on n’avait pu atta-quer la religion sans attaquer les lois ; je ne diraipoint, avec un auteur célèbre, que toutes les fois quedans un état une puissance pourra défendre une ac-tion sous peine de mort, et qu’un autre pourra l’or-donner sous peine de damnation éternelle , les ci-toyens n’auront que le choix des supplices, et quela révolte deviendra pour eux un devoir. Déjà on aeu plusieurs fois des exemples de ces terribles contra-dictions ; et, quoique les lumières aient fait bien desprogrès , on pourra peut-être en voir encore. Maisces exemples sont rares, et il faut espérer qu’ils ledeviendront de plus en plus : ainsi je ne dois voir queles effets qui résultent du défaut de liaison entre les
(1) Dsp rit 'des lois , lib. 28 , chap. 41.