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;iel entre la morale religieuse et la morale des lois jcomment en effet des hommes persécutés auraient-ils pu enseigner qu’on ne pouvait désobéir sanâcrime aux lois de leurs persécuteurs ? comment lechristianisme aurait-il pu sanctionner des lois por-tées par des payons , sous les auspices des faux dieux ?Cependant, lorsque Constantin fit du christianismela religion de l’état, il n’eût peut-être pas été im-possible de faire une réforme utile 5 mais il auraitfallu refondre la législation , et former une consti-tution nouvelle 5 et ce prince n’avait ni les talensni les vertus nécessaires à un législateur. D’ailleurs ,s’il eût fait de bonnes lois, il n’en eût été que le mi-nistre, et il voulait en demeurer le maître.
Du moment que la religion chrétienne eut étéadoptée , l’état se trouva donc soumis à deux chefsindépendans : l’un commandait au nom du ciel, etpromettait des peines ou des récompenses éternelles ;l’autre ne commandait qu’au nom des lois ou de sesarmes, et ses menaces ou ses promesses étaient bienfaibles en comparaison des premières. Voilà doncl’état soumis à deux puissances rivales, prêtes à setrouver en état de guerre : et, dans des siècles d’igno-rance , ce n’était pas la dernière qui devait l’em-porter.
Une telle situation était déjà fort mauvaise parelle-même ; mais le mal fut à son comble, lorsque lapremière des deux puissances , ayant acquis un étatindépendant sous tous les rapports, prétendit avoirle droit de déposer les rois et de dicter des lois à tous