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entièrement étrangères aux lois et au gouvernement;et ce fut sans doute pour cette raison que Jésus eutsoin de déclarer qu’il ne venait pas établir son
royaume dans ce monde.
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Il s’attacha donc exclusivement à enseigner la mo-rale au peuple , et à lui apprendre quelques dogmesrelatifs à l’immortalité de l’ame et aux peines et auxrécompenses d’une autre vie : et cette morale et cesdogmes , appropriés aux circonstances , eurent tantde ressemblance avec les systèmes de Platon , quedans la suite peu s’en est fallu que les docteurs chré-tiens n’aient placé le philosophe grec au rang desprédestinés ( 1 ). 11 faut cependant convenir que lamorale du disciple de Socrate ne pouvait être ensei-gnée plus à propos ; car , dans un temps où les loisn’avaient plus de force , quel plus grand bien pou-vait-on faire aux hommes que de leur persuader quela justice était dans l’utilité commune, etque la paix,la concorde et l’amour de ses semblables étaientleurs premiers devoirs et renfermaient tous les au très ?
Les persécutionsqueleschrétiens éprouvèrent dansla suite, paraissaient devoir mettre un obstacle éter-
( 1 ) Mirantur autern quidam nobis in Ckristi gratiasociati, cum audiunt vel legunt Platonem de deo istasensisse , quœ multum congruere veritati nostrœ religionisagnoscunt. S. Aug. de Civitate Dei. Voy. Bayle, au motAristote.