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ayant succombé sous les efforts des sophistes grecs ,les hommes les plus sages fuient réduits à douter detout ; lorsque les guerres civiles des Romains et lesdésordres qui en furent la suite eurent porté la dé-moralisation chez les hommes de toutes les classes ;que les richesses et les honneurs furent le prix de laviolence , de la bassesse et du crime , et que la terreentière se trouva soumise au despotisme des empe-reurs. Alors, certes , il fut vrai de dire que sila justiceétait dans les lois, elle avait beaucoup de ressemblanceavec la force ; mais pouvait-on dire qu’il fût des loisdans un état despotique?
Ce fut dans ces circonstances que Jésus vint établirsa religion et enseigner la morale. Pour la réunir auxlois , il fallait qu’à l’exemple de Moïse ou de Ly-curgue , il s’emparât des rênes du gouvernement ;ou qu’après avoir persuadé à Tibère d’abandonnerses dieux , il enseignât aux Romains que l’obéis»sauce à leur despote était un devoir. Le premier moyenétait impossible , puisque la religion ne devait pass’établir par la violence , et que d’ailleurs le peupleétait trop corrompu pour'supporter de bonnes lois.Le second n’était ni sûr ni utile 5 car, si les Romainsne croyaient plus à leurs dieux , ils y tenaient encorepar habitude , et ils 11e les auraient pas abandonnéspour embrasser une religion qui aurait justifié lescrimes de leurs tyrans; ce moyen aurait même plutôtanéanti les lois qu’il 11e les aurait affermies , puis-qu’il aurait cimenté le despotisme. Il fallait donc quela religion et la morale évangélique demeurassent