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est utile à tous ; et il part de là pour fonder sa répu-blique (x).
Dans la bouche d’un législateur qui aurait cher-•-clié à établir les meilleures lois possibles , la défi-nition de Platon aurait été sans doute fort bonne ;mais elle devenait destructive de toute société dansla bouche des magistrats ou des citoyens ; puisquechacun pouvant se constituer juge de ce qui con-venait à tous , devait agir , dai s l’application duprincipe , comme agissaient, au dire de Platon , lesprinces , les nobles et les peuples , en établissant deslois. Ainsi, pour prévenir l’abus de ce raisonnement,il fallait dire que le législateur devait chercher lajustice dans l’utilité de tous , niais que les citoyenset les magistrats ne devaient la chercher que dansla loi.
Cependant, moins les lois étaient réprimantes, etplus on devait être tenté de les abandonner pouraller chercher dans le système de Pial011 une justicequ’on ne trouvait nulle autre part : une premièreviolation devait donc en amener une seconde , etse multiplier à l’infini , jnsqu’à ce qu’enfin, l’anar-chie étant à son comble , le despotisme prît la placedes lois. Les idées sur la législation commencèrentdonc à s’obscurcir du temps de Platon : mais qu’onjuge ce qu’ellesdureni être, lorsque la raisonhnmaine
(1) Platonis opéra , lib. 3 t , dialog. 1 et 2 , de repu-blicâ vel de justo. — Cicéron a adopté la définition dePlaton : de le gibus , lib . x , §. 43 , in fine.