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ni violer les lois , sans sattirer lanimadversion de sesconcitoyens.

Ces avantages de la réunion de la morale , de lareligion et des lois, étaient immenses J comment sefait-il quavec une religion plus pure et plus saintenous en soyons aujourdhui privés ? Si je ne metrompe , cest à la philosopie des Grecs , et aux cir-constances dans lesquellesla religion chrétienne a prisnaissance , quil faut attribuer cette séparation.

Entraîné par son amour pour les systèmes , etfrappé des vices quil avait remarqués dans les gou-vernemens , Platon fut le premier qui chercha lajustice ailleurs que dans les lois 5 et voici quel futson raisonnement : tous les états sont monarchiques,oligarchiques ou républicains ; et, dans tous, celuiqui gouverne étant nécessairement le plus fort, cesttoujours lui qui fait la loi. Mais comme il est dansla nature de lhomme de rapporter à lui tout cequil fait , ceux qui font les lois ne les font que dansleur intérêt ; ainsi , dans une monarchie , la loidispose toujours en faveur du monarque ; dans uneoligarchie ou aristocratie, elle dispose en faveur de lanoblesse , et en faveur du peuple dans un gouver-nement républicain. Or , si lon définit la justice ,la conformité de nos actions à la loi , ce sera dire , endautres termes, quelle est la conformité de nos actionsà lintérêt ou à la -volonté du plus fort , puisque le plusfort fait toujours la loi. Rejetant cette définitioncomme vicieuse, Platon trouve la justice dans ce qui