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et la tnorale sont lus seules règles que nous ayonspour savoir si nos actions sont bonnes ou mau-vaises.
Quoi ! dira-t-on , vous voulez faire apprendre leslois et la morale à nos enfans ! Yous voulez que ,toutes les années, les collèges lancent dans le mondeune multitude de moralistes imper tmens qui s’amu-seront à censurer nos vices et nos défauts! Cet in-convénient est grave, je l’avoue ; et c’est une positionfort malheureuse pour un état, que celle où l’on 11epeut inspirer aux enfans l’amour de la vertu, sanscraindre de leur inspirer en même temps du méprispour leurs pères. Mais je n’en persiste pas moins àcroire qu’il vaut mieux apprendre aux hommes leslois qui doivent régler leur conduite, que celles quirèglent la marche des planètes; et qu’il importe beau-coup moins à leur bonheur de connaître la constitu-tion physique du monde, que la constitution del’étatdont ils font partie.
Comme les préjugés que j’ai à combattre sont très-anciens , et qu’on pourrait bien croire qu’en atta-quant le système gothique de notre éducation, s |jen’ai pour objet que de faire une vaine censnre , jeferai en sorte de prouver que l’attachement invin-cible que les anciens avaient pourleurs institutions,et leur amour pour leur patrie, n’étaient que le ré-sultat d’une bonne éducation, et que les législateurs,de l’antiquité n’avaient fondé cette éducation quesur l’étude des lois et de la morale ; que si nos mo-dernes faiseurs de lois n’ont pas suivi le même sys-
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