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les croisades, la ligue, la samt-barthélemi, les dra-gonades , les leltres de cachet, la torture , les jus-tices vénales et seigneuriales, les capucins, les sor-ciers , et tant d’autres belles choses qui firent leurbonheur et leur gloire dans les derniers siècles quiont précédé la révolution.
Ces éternels prôneurs de nos usages gothiques sontsur-tout ravis d’admiration pour l’éducation qu’ondonnait jadis à la jeunesse française ; ils sont fâ-chés que cette éducation ait reçu quelques légèresmodifications, et ils croient ou font semblant decroire qu’un peuple qui 11’a point de jésuistes ne sau-rait avoir de bons citoyens. Si je disais que celteéducation qu’on veut nous faire admirer me paraîttrès-vicieuse, et qu’à certains égards je préfère celleque donne à ses enfans telle peuplade de sauvages, oncroirait peut-être que je ne parle pas sérieusement ;cependant je ne dirais que ce que je pense et cequ’il serait facile de démontrer à des gens moinsprévenus que nous.
Le but de toute institution sociale est ou doit êtrel’intérêt commun des associés; or, il est impossibled’atteindre ce but, si l’on ne sait pas convaicre leshommes que leur intérêt particulier ne peut se trou-ver que dans l’intérêt général. Mais comment lelégislateur pourra-t-il leur donner cette conviction?Comment dirigera-t-il tous les esprits vers le bienpublic? En les éclairant sur ce qui est bien et surce qui est mal. Il faut donc que la morale et les loisdeviennent la base do l’éducation, puisque les lois