Druckschrift 
1 (1815)
Entstehung
Seite
274
Einzelbild herunterladen
 

( 3 74 )

les croisades, la ligue, la samt-barthélemi, les dra-gonades , les leltres de cachet, la torture , les jus-tices vénales et seigneuriales, les capucins, les sor-ciers , et tant dautres belles choses qui firent leurbonheur et leur gloire dans les derniers siècles quiont précédé la révolution.

Ces éternels prôneurs de nos usages gothiques sontsur-tout ravis dadmiration pour léducation quondonnait jadis à la jeunesse française ; ils sont fâ-chés que cette éducation ait reçu quelques légèresmodifications, et ils croient ou font semblant decroire quun peuple qui 11a point de jésuistes ne sau-rait avoir de bons citoyens. Si je disais que celteéducation quon veut nous faire admirer me paraîttrès-vicieuse, et quà certains égards je préfère celleque donne à ses enfans telle peuplade de sauvages, oncroirait peut-être que je ne parle pas sérieusement ;cependant je ne dirais que ce que je pense et cequil serait facile de démontrer à des gens moinsprévenus que nous.

Le but de toute institution sociale est ou doit êtrelintérêt commun des associés; or, il est impossibledatteindre ce but, si lon ne sait pas convaicre leshommes que leur intérêt particulier ne peut se trou-ver que dans lintérêt général. Mais comment lelégislateur pourra-t-il leur donner cette conviction?Comment dirigera-t-il tous les esprits vers le bienpublic? En les éclairant sur ce qui est bien et surce qui est mal. Il faut donc que la morale et les loisdeviennent la base do léducation, puisque les lois