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Celle dont il va donner lecture est adressée à lachambre par les propriétaires et colons de Saint-Domingue résidant à Paris. Elle est revêtue de leurssignatures , et appuyée par plusieurs pairs. Diversmembres de la chambre des députés y ont aussi donnéleur adhésion , et son objet intéresse non-seulementceux qui la présentent, mais une infinité de famillesunies avec eux par des relations d’alliance ou d’af-faires. Personne n’ignore , ajoute le proposant, quel’accroissement rapide de la culture à Saint-Do-mingue avait les plus heureux effets sur l’industrieagricole et commerciale des deux tiers de la France;enfin que le produit de cette colonie entrait pourprès de quatre-vingts millions dans la balance ducommerce. J’ai donc pensé que la chambre écouteraitcette pétition avec l’intérêt que réclament des objetsd’une si haute importance.
Le proposant donne alors lecture de la pétitiondont il s’agit. Elle a pour but d’appeler l’attentionde la chambre sur l’état de Saint-Domingue, et surles moyens de rétablir cette belle et. malheureuse co-lonie. Les pétitionnaires exposent que cette île , siféconde en riches produits à l’époque de 1789 , et siimportante pour la navigation , le commerce et l’in-dustrie générale du royaume, est encore aujourd’huidéchirée par deux factions qui s’en disputent, àmain armée , la souveraineté , mais qui , affaibliespar des combats continuels et par tous les excèsqu’entraîne l’anarchie , se trouvent réduites à quel-ques bandes indisciplinées, incapables de tenir contre