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au gouvernement le plus fort que l’esprit humain aitjamais pu concevoir, ne sont en France que de vainsfeuillets que le vent emporte comme ceux de la sy-bille. Nos journaliste ne sont que des hommes quise vendent à l’enchère; et comme le ministère estassez riche pour se porter dernier enchérisseur , leministre en conclut que les journalistes seront tou-jours à sa disposition ; d’où l’on peut tirer cette con-séquence ultérieure, que si on les donne au gouver-nement, ce sera une grande économie pour l’état ,puisqu’il n’aura pas besoin de les acheter.
M. le ministre nous a prouvé ensuite , avec lamême force de raisonnement, que ,la censure étaitnécessaire au maintient delabonne littérature. N’est-îl pas évident en effet que les censeurs dn gourverne-mentimpérialontfaitéclore une multitude de grandspoètes, de grands publicistes et de grands moralistes,et que nous n’aurions jamais eu ni les tragédies deRacine, ni les écrits de Voltaire ou de Rousseau , siles censeurs n’y avaient mis la main !
Nous avions cru que les censeurs se contenteraientd’arrêter les écrits séditieux ou calomnieux; maisM. le ministre nous a fait entendre très-clairementqu’ils arrêteraient aussi les ouvrages mal écrits , etque, suivant le précepte de Boileau , ils forceraientles auteurs à mettre leurs ouvrages vingt fois sur lemétier. Je ne puis rapporterici tous les raisonnemensdu ministre ; j’en parlerai plus en détail dans la pro-chaine livraison.