nion qui , si elle était suivie, rendrait inutiles et lachambre des députés et la chambre des pairs. Il estévident en effet que, si le roi pouvait interpréter laconstitution toutes les fois que le sens en est douteux,il pourrait aussi décider par la même raison que tousles articles présentent un sens douteux ; et l’on voitoù l’on arriverait avec de pareilles interprétations.Au reste , il ne faut pas désespérer de voir adopterce système.
Passant ensuite aux inconvéniens de la liberté dela presse et aux avantages de la censure, le ministrea paru étrangement alarmé des dangers auxquelsl’imprimerie allait exposer la réputation des femmeset des petites filles. Cette partie de sa harangue n’ena pas été la moins pathétique ; cependant l’auditoirea paru beaucoup moins ému que l’orateur , et je neme suis pas aperçu qu’elle fît une grande impressionsur les dames qui assistaient à la séance.
Le ministre nous a parlé ensuite des grands avan-tages que la censure avait eus à Rome du temps de larépublique 5 ce qui a fait croire à quelques députésque Caton l’ancien était au moins directeur de lalibrairie, et que , lorsque la censure avait cessé, lesimprimeurs de larépublique avaient allumé la guerreentré César et Pompée. Un jeune officier, qui étaitprès de moi , a demandé à l’un de ses voisins si danscette guerre Pompée n’avait pas été emporté par unboulet de canon , et si Brutus ne s’était pas brûlé lacervelle d’un coup de pistolet.
Les journaux qui servent en Angleterre de barrière