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et soit frappé pour devenir pacifique, et qu’il souffrepour devenir accessible à la pitié.
Que, pour la première fois, plusieurs hommesrencontrent en même temps un objet qui leur estégalement nécessaire , il est évident que , n’ayantaucune raison de céder les uns aux autres , ils se pré-cipiteront tous sur leur proie avec une égale ardeur ;que, pour s’en saisir les uns à l’exclusion des autres,ils se feront mutuellement beaucoup de mal, et quece ne sera qu’après le combat que, comparant lesbiens et les maux qui en auront été la suite, ils ver-ront qu’il aurait été plus avantageux de partageramiablement que de s’exposer à n’avoir rien en sebattant pour avoir tout (1).
Or, si les hommes étaient restés dans une indé-pendance absolue, s’ils n’avaient pris pour règles deleurs actions que leur force individuelle et leurs ap-pétits , telle aurait été la situation où ils se seraienttrouvés presque à tous les momens de la vie : chacunn’aurait eu pour soi que sa propre expérience 5 et,avant que de devenir sage, il aurait été obligé depasser par toutes les erreurs qui devaient enfin lerendre tel.
Afin que l’expérience d’unê génération ne fût pasperdue pour la génération suivante, que les hommes
(1) Le mot latin pax , paix, dérive de pactio , pacte,convention ; parce que ce sont en effet les conventionsqui maintiennent la paix parmi les hommes. — Dig.lib. 2, tit. 24, /. 1 , J. 1.