Druckschrift 
1 (1815)
Entstehung
Seite
232
Einzelbild herunterladen
 

( a32 )

lie missent point obstacle les uns à lexercice des fa-cultés des autres , et quils pussent tous. avoir lesmoyens de satisfaire à leurs besoins , il fallait doncquils se réunissent en société, et que chacun re-nonçât à exercer sa force particulière , en tout ce quipourrait nuire à lexercice des facultés de ses asso-ciés. Cest ce quils ont fait, ou du moins ce quilsont tâché de faire. Ces actes, par lesquels ils ontainsi mis des bornes à leur puissance individuelle ,ont pris le nom de loisj et la volonté de se conformeraux lois a été appelée justice.

Le mot justice, comme on le voit, ne désigne pasun être réel : il sert à marquer une modification denous-mêmes, qui fait que dans telle circonstancenous agissons dune manière plutôt que dune autre.Ce mot tient donc la place dun adjectil, cest-à-diredun mot qui, dès quon le sépare de lobjet dont ildésigne la modification, ne rappelle aucune idée àlesprit. Ainsi lon dit avoir de la justice pour êtrejuste; comme on dit avoir de la blancheur pour êtreblanc ; mais dans la nature il nest aucun être quisoit la justice ou la blancheur ; cependant on dit : lajustice veut , la justice défend , et lon croit même direquelque chose quand on sexprime ainsi.

Justice dérive donc de juste , et.ce mot, soit quonle prononce dans Hn sens propre, soit quon le pro-nonce dans un sens figuré, sert à marquer la conve-nance ou le rapport qui existe entre deux objets ;ainsi un piston est juste quand il est propre à fairejouer la pompe dont il fait partie ; une action, est