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lie missent point obstacle les uns à l’exercice des fa-cultés des autres , et qu’ils pussent tous. avoir lesmoyens de satisfaire à leurs besoins , il fallait doncqu’ils se réunissent en société, et que chacun re-nonçât à exercer sa force particulière , en tout ce quipourrait nuire à l’exercice des facultés de ses asso-ciés. C’est ce qu’ils ont fait, ou du moins ce qu’ilsont tâché de faire. Ces actes, par lesquels ils ontainsi mis des bornes à leur puissance individuelle ,ont pris le nom de loisj et la volonté de se conformeraux lois a été appelée justice.
Le mot justice, comme on le voit, ne désigne pasun être réel : il sert à marquer une modification denous-mêmes, qui fait que dans telle circonstancenous agissons d’une manière plutôt que d’une autre.Ce mot tient donc la place d’un adjectil, c’est-à-dired’un mot qui, dès qu’on le sépare de l’objet dont ildésigne la modification, ne rappelle aucune idée àl’esprit. Ainsi l’on dit avoir de la justice pour êtrejuste; comme on dit avoir de la blancheur pour êtreblanc ; mais dans la nature il n’est aucun être quisoit la justice ou la blancheur ; cependant on dit : lajustice veut , la justice défend , et l’on croit même direquelque chose quand on s’exprime ainsi.
Justice dérive donc de juste , et.ce mot, soit qu’onle prononce dans Hn sens propre, soit qu’on le pro-nonce dans un sens figuré, sert à marquer la conve-nance ou le rapport qui existe entre deux objets ;ainsi un piston est juste quand il est propre à fairejouer la pompe dont il fait partie ; une action, est