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très-souvent. Yoilà pourquoi il existe tant de discus-sions qu’il paraît impossible de terminer. La libertéde la presse nous en offre un exemple. Quelques per-sonnes qui ont donné d’ailleurs de très-bonnes rai-sons en faveur de leur opinion , ont invoqué la jus-tice et le droit naturel ; ce qui a fourni à d’autres l’oc-casion de faire de graves dissertations pour prouverque le droit naturel ne connaît pas la liberté de lapresse. J’avoue que je n’entends rien à cette discus-sion , et je doute beaucoup si ceux qui discutents’entendent eux-mêmes.: je vais leur soumettre quel-ques réflexions, dont l’objet est moins de résoudre ladifficulté que d’examiner en quoi elle consite.
L’Iiomme naît avec la capacité d’éprouver des sen-timens agréables et des sentimens douloureux, et ilapporte en naissant les facultés nécessaires pour re-chercher les uns et pour se délivrer des autres. Leplaisir et la douleur sont donc les deux puissans mo-biles qui mettent en jeu les facultés dont il est pour-vu , et qui veillent, pour ainsi dire, continuelle-ment à sa conservation et à la perpétuation de sonespèce.
Mais si l’homme est pourvu des facultés néces-saires à sa conservation , l’expérience seule peut luiapprendre à en régler l’usage : il faut qu’il se brûle,pour apprendre qu’il est dangereux de trop s’appro-cher du feu, et pour devenir prudent et avisé; qu’ilendure le froid et la faim, pour devenir prévoyant,laborieux et économe; qu’il ait une indigestion ousoit indisposé pour devenir tempérant ; qu’il se batte