Voulût sincèrement le bien de son peuple, la soumis-sion aveugle qu’il en exigea ne permit-elle pas quel’esprit public se formât sous son règne. Il laissa sub-sister au sein de l’état tous les principes de désordrequi s’y étaient accumulés depuis l’origine de la mo-narchie 5 l’inimitié réciproque des trois ordres , l’am-bition et les rivalités des grands, une égale dispositiondu peuple à la servitude et à la révolte , l’ambitionparticulière du parlement, et les haines mal éteintesnées des querelles religieuses.
Tous ces élémens de désordre fermentent à la foissous la régence de Marie de Médicis et pendant lespremières années du règne de Louis XIII ; et ils au-raient inévitablement produit de nouvelles guerresciviles , s’il n’avait paru dans le conseil du roi unhomme capable , non pas de les détruire , car le des-potisme est toujours lui-mêine une cause plus oumoins prochaine d’anarchie , mais du moins d’enarrêter le développement.
L’édit de Nantes inspirait aux calvinistes des in-quiétudes qui les tenaient dans un état perpétueld’insurrection. Richelieu cahne leur agitation enminant leurs forces ; il ôte ainsi aux grands le seulappui qui restait à leur ambition 5 il rompt tous ceuxqu’il 11e peut faire plier , ou lys force à s’exiler duroyaume ; il humilie profondément le parlement ;il enchaîne à la fois les esprits par le charme des artset par la terreur des supplices 5 il accable la nationde tout l’ascendant qu’il lui donne sur les autrespuissances de l’Europe , et la courbe tellement sous le