rement de l’habitude que les ministres avaient pris#de faire publier leurs ordonnances dans son sein, etde les faire transcrire sur ses registres pour leur don-ner plus d’autorité, s’arroge le droit de soumettre leslois à son approbation et à la formalité de l’enregis-trement, comme à une condition sans laquelle ellesne pouvaient avoir aucune force; il s’associe ainsi àla puissance législative, et parvient à faire recon-naître cette usurpation. Plus tard,il réussit égalementà soumettre les grands à sa juridiction, et à se fairereconnaître pour la cour des pairs du royaume. Cesdeux hautes prérogatives le mettent en état de lutteravec avantage contre les grands ; mais cette lutte ,dans laquelle les deux partis se couvrent égalementdu nom du roi, et dont le roi tire habilement partipour les contenir l’un et l’autre, ne sert qu’à conso-lider sa puissance; et la nation, que le parlement nedéfend pas de bonne foi, et dont l’intérêt est sacrifiéà toutes les ambitions, se trouve plus sûrement op-primée que jamais, et chaque jour plus loin d’avoirun esprit public.
Telle est là situation de la France à la fin du i5 e .siècle. A cetteépoque, les princes de l’Europe donnentà leur politique une direction toute nouvelle, et cetterévolution achève de rendre absolue l’autorité de nosrois.
L’anarchie féodale avait régné dans tous les étatsde l’Europe comme en France , et par-tout elle avaitporté les mêmes atteintes à la prérogative royale.Tant que les rois avaient été obligés de lutter contreleurs vassaux, et de leur disputer l’autorité, ils