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avaient etc voisins sans penser à se faire la guerre ;niais sitôt qu’ils furent parvenus à ressaisir leur pou-voir et à s’affermir au sein de leurs états, ils voulurentse rendre formidables au-deliors, et étendre leur em-pire par les armes. Les succès que la France, l’Es-pagne et l’Autriche obtinrent tour à tour dans laguerre d’envahissement que Charles VIII avait portéeen Italie,firent germer subitementdanspresque toutesles têtes couronnées la fureur insensée des conquêtes,cc On se fit, dit Thouret, de misérables idées de for-tune, d’agrandissement et de défense 5 et toute l’Eu-ropejuitemportée par le mouvement rapide d’un pré-jugé dévastateur qui n’a été ni suspendu ni calmépar deux siècles de guerres infructueuses. »
Cette révolution fit naître une espèce d’espritpublic en France ; mais il prit une direction sifausse , il renforça tellement nos chaînes , et renditsi difficile la naissance d’un véritable patriotisme,qu’il eût mieux valu peut-être pour la nation qiCellene sortîtpasdesonétatliabituél d’engourdissement etd’apatliie. Bien loin, de là, elle partagea le délire deses chefs, et se laissa emporter toute entière aux plusvaines idées de grandeur et do gloire. Elle crut sonhonneur intéressé à voir ses rois dominer sur despeuples étrangers. Elle semblait chercher à les éleverbien haut pour rendre sa dépendance moins humi-liante , pour la couvrir même d’un certain éclat, et àse consoler de sa servitude domestique'en exerçant ungrand empire hors de ses frontières. Cette situationmorale, qui la disposait à l’obéissance par l’admira-