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persévérance. Dès le règne de Philippe-Ie-Bel , elleavait déjà fait passer dans leurs mains les plus hautesprérogatives de la souveraineté, le pouvoir législa-tif, le pouvoir judiciaire, le droit exclusif de battremonnaie, de faire la paix et la guerre , de recruterdes armées, avec les moyens d’en avoir habituellementà leur solde. C’est à la faveur de la même tactiquequ’opposant successivement les évêques aux papes etles papes aux évêques, ils étaient parvenus à ruinerpresque entièrement la puissance des uns et des autres,et à les ''dépouiller du droit de j ustice qu’ils avaientusurpé sur les seigneurs au commencement de la dy-nastie régnante ; c’est par cette conduite, en un mot,qu’ils avaient réussi à ravir aux seigneurs presquetoutes leurs prérogatives, à s’emparer de tous les pou-voirs , à faire reconnaître leur autorité aux citoyensde toutes les classes , et à ne presque plus compter enFrance que des sujets, même parmi leurs vassauxles plus puissans.
Il se servent, pour conserver leur pouvoir et lui fairefaire de nouveaux progrès, des mêmes moyens qu’ilsavaient employés pour le conquérir. Ils font tournerà son profit les choses mêmes qui semblent les pluspropres à le détruire. L’administration inconsidérée ,capricieuse et dure des premiers Valois , les violensmurmures qu’elle excite, et la guerre civile qu’ellefinit par allumer, ne servent, en dernier résultat, qu’àrendre leur autorité plus absolue. Si la nation veutfaire des efforts pour recouvrer ses droits , trop peuéclairée pour leur donner une sage direction, elle lesfait tourner à son malheur et à sa honte : et sa résis-