les mieux soumettre. Louis-le-Gros arme les com-munes contre les seigneurs, Philippe-Auguste met lapetite noblesse aux prises avec les seigneurs du premierrang ; Philippe-le-Bel connaissant les ressentimensdont le clergé , les seigneurs et les communes sontanimés les uns contre les autres, convoque des états-généraux auxquels il appelle les trois ordres, et il neles rapproche que pour les mieux diviser. Tandis qu’ilrepousse tontes leurs demandes sous prétexte qu’ils nesont point d’accord, il leur vend chèrement à chacundes chartes qui ne sont propres qu’à envenimer leurshaines mutuelles. Enfin , en même temps que lesrois entretiennent la désunion entre les Français desdiverses classes, ils cherchent à les tous assujettir àleur puissance, ou , pour mieux dire, ils ne les divi-sent que pour les intéresser tous également à leurfaire la cour et à rechercher leur protection : c’estainsi qu’aux états-généraux convoqués par Philippe-le-Bel , les trois ordres, au milieu de leurs dissentions,font des efforts égaux pour gagner ce prince et obte-nir son appui ; de sorte que la nation ne paraît as-semblée que pour reconnaître sa suprême puissance.La politique dont les rois se servent pour étendre leurautorité ne met donc pas moins d’obstacles à la nais-sance et aux progrès du patriotisme par les jalousieset les haines qu’elle alimente en Ire les divers ordresde citoyens, que par l’esprit de servitude qu’elle leurinspire à tous.
Cette marche artificieuse était trop utile à l’auto-rité des rois pour qu’ils ne la suivissent pas avec