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barbarie des duels judiciaires leur ofire le prétexte leplus heureux pour établir i’uislrucuon du procès parécrit et par témoins , qui dégoûte les seigneurs desfonctions de juge; la doctrine des appels au suzerain,qui fait arriver par gradation toutes les affaires autribunal suprême du roi; les bailliages, qui sontchargés de réviser les jugemens des seigneurs, et qui,par l’adroite doctrine des cas royaux , achèvent deruiner les justices seigneuriales. Ils s’autorisent dudésordre qu’engendraient la bizarrerie et la contra-riété des usages établis dans les diverses seigneuries,pour faire des lois générales, et ils intéressent l’avaricedes seiguenrs à l'observation de ces lois, en leur aban-donnant le produit des amendes prononcées contre lesinfracteurs. A la faveur des mécontentemcns qu’ex-citent les altérations successives de valeur que les sei-gneurs font subir à leurs monnaies, ils leur enlèventle droit de continuer à en fabriquer. Enfin il n’estpoint un abus dont ils ne tirent habilement partipour étendre leur autorité ; et ils trouvent dans lesprogrès qu’elle fait, des moyens pour lui en fairefaire chaque jour de nouveaux.
A mesure que le pouvoir des rois s’étend, les que-relles des seigneurs perdent dé leur vivacité, la servi-tude du peuple devient moins dure, les institutionset les mœurs cessent d’être aussi barbares. Cependantce changement est peu favorable à l’esprit public,parce que les rois s’attachent plus à faire des sujetsque des citoyens. Loin de chercher à unir les Fran-çais , ils mettent un art profond à les diviser pour
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