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la souveraineté de leur juridiction, sur l’obéissancepassive de leurs sujets, sur l’équilibre existant entreles forces des principaux fiefs, équilibre qui assuraitl’indépendance des petits seigneurs à peu près de lamême manière que la balance établie entre lesgrandes puissances de l’Europe protège l’autoritédes petits princes. Un seigneur puissant qui auraitvoulu entreprendre de devenir chef unique de laFrance avait donc à faire à peu près ce qu’aurait àfaire aujourd’hui un prince qui aspirerait en Europeà la monarchie universelle.
Cette tâche n’effraya point la politique des des-cendans de Hugues Capet. Ils s’attachent à con-naître les vices du système féodal, et ils s’en serventhabilement pour en ruiner tous les appuis. Ils pro-fitent de l’état de détresse et de pénurie auquel lesseigneurs se trouvent réduits , par l’effet de leursguei'res domestiques, pour les engager , par leurexemple, à affranchir, à prix d'argent, les liabitansde leurs terres, et à leur vendre des chartes de com-mune 5 ils profitent de l’état d’asservissement et demisère dans lequel ils les avaient toujours tenus, pourles engager à se mettre sous leur protection , et à lesprendre pour garans des engagemens que les seigneurscontractaient envers eux. Ils se servent des rivalitésdes seigneurs pour les rendre tous justiciables deleurs tribunaux particuliers, et pour faire exécuterpar les uns les jugemens par lesquels ils dépouillentles autres de leur crédit et de leurs richesses. La