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On eut même la hardiesse de prendre par le brasM. le premier président , et on l'obligea, lui et sacompagnie , à retourner au Palais-Loyal. Dans cetumulte , cinq présidens à mortier et une vingtaine deconseillers prirentl’épouvanteet s’échappèrentcommeils purent. Tous les antres retournèrent au Palais-Hoyal, et le premier président dit à la reine que lemal allait devenir sans remède si on tardait à rendreles prisonniers 3 qu’il n’était plus temps de se roidir 3que le parlement et le roi lui-même n’étaient pointassez forts pour résister à cent mille hommes quiavaient les armes à la main. Le cardinal Mazarinvoulut dire que le mal n’était pas aussi grand qu’onle faisait ; mais on lui répondit qu’il prît la peined’aller seulement jusqu’au Pont-Neuf, et qu’il verraitcomment il s’en tirerait. Les princes et princessestenaient le même langage que le parlement. Lareine d’Angleterre , qui était présente, ditque, quandles troubles commencèrent en Angleterre, les espritsy étaient moins échauffés. Alors la reine jeta ungrand soupir, et dit que le parlement vît donc ce qu’ilavait à faire (1). »
Supposons que , dans ces momens de trouble , ileût existé une loi qui eût autorisé le cardinal Ma-zarin à empêcher toutes communications entre leparlement et la régente , qu’en serait-il îésulté? uneguerre civile , et peut-être la cour n’aurait appris les
(1) Histoire abrége'e du parlement durant Iss troublesdu commencement du règne de Louis IX.IV , § 3.