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déchirantes, à d’obscurs rhumatismes, aux infirmi-tés d’une vieillesse prématurée. Mais ce qui afflige leplus profondément les amis de l’humanité, c’est quece fléau survivra à l’esprit qui l’a enfanté. En effet,les traces des malheurs qui ont désolé le monde s’ef-faceront peu à peu; le retour des souverains légi-times, les principes d’ordre et de modération qu’ilsramènent, tout nous conduit vers la régénération ,vers l’oubli des maux passés; déjàles champs ravagésse couvrent de moissons ; les habitations détruites serebâtissent, et le vide même qu’une guerre destruc-tive a causé dans la population finira par se remplir;mais on ne saurait assigner de terme à cette désas-treuse méthode de faire la guerre, où l’on ruine sasanté en exposant sa vie, parce qu’aucune puissancene voudra courir le risque d’un premier désavantageen y renonçant. Puisqu’il en est ainsi, puisqu’il n’estpas en notre pouvoir de faire cesser ce triste état dechoses, tâchons d’en diminuer les suites, en retenantnotre jeunesse loin des camps jusqu’à ce qu’elle puisseen soutenir les fatigues, aujourd’hui excessives. N’ou-blions pas que la nation française sera éternellementbelliqueuse, la noblesse toujours prodigue de sonsang pour son roi, pour sa patrie; et que, pourrendre ce beau dévouement véritablement utile , ilfaut que la force physique puisse seconder savaleur. »Après avoir ainsi fait sentir les inconvéniens atta-chés au service militaire , lorsque les jeunes gensentrent dans la carrière avant que d’avoir acquis la