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inêmeportéà croire que cet art est resté à peu près sta=tionnaire; et d’ailleurs je 11e pense pas que l’esprithumain aillé^amais, en ce genre, beaucoup au-delàdes savantes combinaisons de Turenne, et de l’ingé-nieuse tactiquedu Grand-Frédéric ; les moyens de des-truction changent 5 ils peuvent éprouver encore detristes perfectionnemens , mais l’art 11e change point,et je le crois parvenu à son terme : ce qui a causé l’er-reur, c’est que, dans ces derniers temps, il s’est faitdans le métier de la guerre uil notable, un terriblechangement. Un général trop fameux, trop long-temps l’effroi du monde, faisant abstraction de toutsentiment d’humanité, ne considérant plus le soldatcomme un être sensible, mais comme un instrumentde guerre , une arme vivante , a cherché , a trouvéjusqu’où la force et la patience humaine pouvaientendurer les fatigues de tout genre, les privations detoute espèce, sans s’inquiéter des suites funestes pourla santé que devaient avoir des efforts aussi excessifsque prolongés. Ce calcul cruel a eu des effets inatten-dus ; les armées françaises ont fait des marches d’unelongueur inouie ; elles ont enduré, dans des bivouacscontinuels , les riguers de tous les climats, les intem-péries de toutes les saisons. L’Europe consternée aété forcée d’adopter ce fatal système: c’est depuis cetteépoque que tant de guerriers , de retour dans leurpatrie, ont eu non-seulement à souffrir des suites deblessures dont les cicatrices h onorables forment lesplus belles décorations, ils ont encore traîné une vielanguissante, en proie à des douleurs vagues , mais
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