( 1 7 ° )
là une nouvelle cause de division dans les sentiraenset les intérêts.
Cette adroite usurpation du clergé en favorise uneautre bien plus remarquable de la part des papes.Comme les progrès que leur puissance temporelleavait faits depuis Charlemagne leur avait permis des’arroger un pouvoir absolu sur les évêques de tousles pays catholiques, ils exigent que tous les jugemensrendus par les tribunaux ecclésiastiques du royaumesoient soumis à leur révision , et ils deviennent ainsi,parmi nous, les juges suprêmes de toutes les affaireset les premiers magistrats de l’Etat. C’est alors parti-culièrement que l’esprit ultramontain commence àrégner en France, et l’on sait si cet esprit était propreà former des citoyens.
Telles sont, jusqu’au commencement du 12 e . siècle,les causes qui s’opposent en France à la réunion dessentirnens, des intérêts, des opinions, et à la nais-sance d’nn esprit patriotique. Ici commence unegrande révolution dans le gouvernement, révolutionconduite pendant près de cinq siècles, avec autantd’habileté et de persévérance, et qui finit par fairepasser , dans les mains du successeur de Capet ,tout le pouvoir que les seigneurs avaient ravi auxdescendans de Charlemagne. Dans cette lente tran-sition de l’anarchie féodale à l’autorité presqueabsolue de nos derniers rois , il s’opère des change-mcns heureux dans nos institutions ; cependant ,elles sont loin de prendre une direction propre àformer des citoyens. Utiles jusqu’alors à la tyrannie.