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chevaliers inventent, et qui devient un de leurs pre-miers devoirs, est un sentiment puéril et exagéré quifausse leur esprit, qui rapetisse leurs âmes, qui leurfait faire avec appareil mille niaiseries , mille sottesextravagances, quelquefois des actions criminelles ,et qui donne à leurs plus héroïques prouesses unmotif presque toujours ridicule. Je ferai mieux voirailleurs l’influence que la galanterie, et la politessede mœurs qu’elle nous a donnée , ont eue sur notreesprit public.
La religion n’avait pas peu contribué, depuis l’o-rigine de la monarchie , à empêcher la naissance del’esprit public en France. Le clergé avait d’abordprêché l’obéissance passive ; bientôt après il avaitdonné l’exemple de l’insubordination la plus effré-née. Toujours orthodoxe dans sa croyance, il s’étaitmontré encore plus dépravé dans ses mœurs, et saconduite avait offert l’alliance monstrueuse de la pu-reté de la foi avec tous les vices de l’ame. Il avaitprêché la continence et donné l’exemple d’une vielicencieuse; il avait prêché l’humilité, et exercé avecorgueil une domination usurpée ; il avait prêché le |mépris des richesses , et son insatiable avidité-avaitmenacé la France d’une usurpation universelle (i).Iln’est point d’efforts qu’il n’eût faits , pas de moyensqu’il n’eût employés pour attirer à lin toutes les ri-chesses de l'Etat. Il avait persuadé aux peuples qu’iln’était point de crimes si odiéux qu’on ne pût effacereu faisant des dons aux églises (2). Il avait faitinter-venir directement le ciel dans l’établissement de la