Druckschrift 
1 (1815)
Entstehung
Seite
168
Einzelbild herunterladen
 

( i68 )

chevaliers inventent, et qui devient un de leurs pre-miers devoirs, est un sentiment puéril et exagéré quifausse leur esprit, qui rapetisse leurs âmes, qui leurfait faire avec appareil mille niaiseries , mille sottesextravagances, quelquefois des actions criminelles ,et qui donne à leurs plus héroïques prouesses unmotif presque toujours ridicule. Je ferai mieux voirailleurs linfluence que la galanterie, et la politessede mœurs quelle nous a donnée , ont eue sur notreesprit public.

La religion navait pas peu contribué, depuis lo-rigine de la monarchie , à empêcher la naissance delesprit public en France. Le clergé avait dabordprêché lobéissance passive ; bientôt après il avaitdonné lexemple de linsubordination la plus effré-née. Toujours orthodoxe dans sa croyance, il sétaitmontré encore plus dépravé dans ses mœurs, et saconduite avait offert lalliance monstrueuse de la pu-reté de la foi avec tous les vices de lame. Il avaitprêché la continence et donné lexemple dune vielicencieuse; il avait prêché lhumilité, et exercé avecorgueil une domination usurpée ; il avait prêché le |mépris des richesses , et son insatiable avidité-avaitmenacé la France dune usurpation universelle (i).Ilnest point defforts quil neût faits , pas de moyensquil neût employés pour attirer à lin toutes les ri-chesses de l'Etat. Il avait persuadé aux peuples quilnétait point de crimes si odiéux quon ne pût effacereu faisant des dons aux églises (2). Il avait faitinter-venir directement le ciel dans létablissement de la