( 1 ««)
à s’armer pour leurs querelles ; en un mot, ils orga»nisent dans l’état des états innombrables et croisentles intérêts de mille manières.
Nous disons que les seigneurs avaient droit dejustice. Comme ils ne savaient que se battre etn’ep-tendaient rien à la science des lois , ils introduisentdans leurs cours féodales l’usage monstrueux descombats judiciaires et des autres épreuves connuessous le nom de jugement de Dieuj usage qui, plaçantle di'oit dans la force, et le crime ou l’innocence dansla manière dont on supporte des épreuves égalementabsurdes et féroces, achève de démoraliser les espritset les ferme pour des siècles à toutes les idées de lé-gislation , de justice et d’ordre sans lesquelles il nesaurait exister ni patrie ni patriotisme. L’usage duduel judiciaire a de plus cet effet particulier, qii’en-tretenant la barbarie des mœurs et l’habitude descombats, il est une cause toujours agissante dequerelles, de brigandages et de division entre lescitoyens.
C’est cet usage des duels judiciaires qui donnenaissance à ce fameux point d’honneur qui a tou-jours été, depuis, l’une des grandes règles de conduitedes Français. L’orgueil et la férocité dictent ses pre-mières maximes. La vanité du rang décide ce quisera une offense , et la barbarie des mœurs déter-mine la manière dont elle sera vengée. Comme lesroturiers ou vilains, dans leurs débats juridiques ,ne peuvent se servir que du bâton, tandis que lesgentilshommes se servent de leur épée, frapper