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Cet état de violence, de discorde et de brigandagedure autant que la dynastie des Carlovingiens, dontil amène la chute ; et la population de la Francen’offre encore, pendant deux siècles, que deuxclasses d’hommes également dégradés , les uns parla tyrannie qu’ils exercent, les autres par le jougqu’ils supportent , et tous également incapables dese former des idées de patrie et de bien public. On nepourrait comparer à cette époque et à la précédente,pour la nullité de l’esprit national , que celle à la-quelle nous vivons, époque où les Français, beau-coup plus unis en apparence , sont peut-être plus sé-parés en réalité, et où l’égoïsme, qui divise encoremieux les hommes que l’anarchie et les guerres ci-viles, est parvenu à faire de chaque individu l’ennemisecrètement irréconciliable de tous ceux dont l’intérêt-blesse le sien.
La féodalité se soutient encore long-temps sousles rois de la troisième race ; elle s’affermit mêmesous les premiers Capétiens ; son code se forme ; lesseigneurs , las de régler à coups d’épée leurs préten-tions respectives , fixent , par des usages , leurs rap-ports entre eux et avec leurs vassaux. Ces usagesconfirment toutes leurs usurpations. Ils assurentleur indépendance du roi et la dépendance de leurssujets 5 ils les investissent , dans leurs terres , detoutes les attributions de la souveraineté, du poinoirlégislatif, du droit de justice, de celui de battremonnaie , de celui de faire , à leur gré , la paix etla guerre, et d’obliger leurs vassaux et leurs sujets
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