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l’action en est plus immédiate , et que l’opprimé estplacé plus près de l’oppresseur. Alors la France setrouve divisée en autant d’Etats ennemis qu’il y ade seigneuries particulières; et, dans chacun de cespetits états despotiques, il existe encore deux intérêtscontraires , celui du maître et celui des esclaves.Enfin, on trouve le moyen de perpétuer les divisionset de naturaliser l’anarcliie au sein de la France. Onfait passer clans les familles les privilèges accordésaux individus ou usurpés par eux. Les bénéfices etles seigneuries deviennent héréditaires; par suite ,les enfans d’un leiide sont considérés comme leudes,les enfans d’un seigneur sont considérés comme sei-gneurs ; certains individus se trouvent ainsi douéseu naissant d’une certaine prééminence , et leurs fa-milles , qu'on appelle nobles , forme une caste pri-vilégiée qui doit rester à jamais séparée du reste desFrançais.
Telle est notre histoire sous les rois de la premièrerace. C’est une des époques où la formation d’unesprit national rencontre le plus d’obstacles, à causedu nombre , de l’âpreté et de la violence des intérêtscontraires.
Les institutions de Charlemagne consacrent endroit des distinctions d’ordres qui, jusqu’alors, n’a-vaient existé que de fait entre les Français. Pourfo rmer les assemblées nationales , il divise la nationen trois classes , le clergé, la noblesse et le peuple ;distinction qui devait, ce me semble,être éternelle etformer un obstacle à jamais invincible à la réunion