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publier leurs pensées. Mais comme cette faculté au»lait pu devenir dangereuse pour les premiers desaffranchis, ils ne tardèrent pas à faire courir le bruitqu’elle n’existerait pas long-temps. Le 10 juin , c’està-dire six jours après notre affranchissement , le mi-nistre de l’intérieur publia une ordonnance qui nousenleva provisoirement la faculté qui nous avait eteaccordée sous la foi du serment, attendu , disait-il ,que les lois pénales , alors existantes contre les délitsde la presse, étaient insuffisantes et trop rigoureuses.
Les bonnes gens crurent sottement que le ministreallait proposer une loi qui rendrait les peines plusdouces j et qui punirait des faits répréhensibles aux-quels on n’avait pas songé jusqu’alors. Mais ils nesavaient pas qu’un engagement pris avec soi-mémeest nul de plein droit, et que c’est réellement s'en-gager envers soi-même, que de contracter une obli-gation envers sa propriété. Sou Excellence crut doncque la promesse faite à des serfs n’était pas plus obli-gatoire pour leur maître , cflie la promesse qu’il au-rait faite à des bœufs ou à des moutons. C’est euconséquence de ces principes, et après avoir pristoutes les précautions que prenait le gouvernementimpérial dans les circonstances difficiles , qu’il pro-posa d’abolir pour toujours la liberté de la presse. Jepourrais aisément multiplier les exemples de cettenature ; mais il sera plus utile d’examiner quelquesarticles qui semblent nous annoncer que les ministresse disposent à porter de nouveau x attentats à la libertéde la nation.