s’est point perdue ; car les ministres actuels sem*blent vouloir la mettre en usage dans toute sonétendue. Quelques jours avant la promulgation dela charte constitutionnelle, nous vîmes paraître unemultitude d’adresses par lesquelles on demandaitque la France fût livrée à la discrétion d'un hommequ’on voulait lui faire considérer comme son maîtrelégitime ; ensuite les journalistes répétèrent jusqu’àsatiété que les Cortès qui avaient eu l’impudence deprésenter une constitution au fils de leur ancien roi ,avaient été ignominieusement chassés ou empri-sonnés par les amis de sa majesté très - catholique ;et que les choses s’étaient si bien passées qu’on n’a-vait pas même eu besoin du secours des baïonnettes.Quelques jours après, nous eûmes une séance royale^et le premier serf du fils aîné de l’Eglise (1) nousoctroya , au nom de son maître , un acte d’af-franchissement que les uns appelèrent une ordon-nance de réformation , et les autres une charte cons-titutionnelle.
Dans cet acte, le ministre nous annonça que samajesté voulait bien, paruneffetde satoute-puisance,concéder aux enfans des serfs de Philippe-le-Bel etde Louis-le-Gros la faculté de penser et même de
(l) Cette qualification ridicule que Bossuet donnait auxrois deFrance est une chose très-indifférente en elle-même;cependant, là où le vulgaire ne voit qu’une marque d’adu-lation fort commune , on peut découvrir l’intention deplacer nos rois sous la tutelle des prêtres.