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1 (1815)
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139
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Cependant j comme il est peu de projets de loi surlesquels on ne puisse pas faire de justes critiques , etqu’il ne faut pas que la personue du roi soit décon-sidérée, le ministère parait avoir pris le parü de lais-ser à la chambra des députés le soin de demanderqnfcde roi lui propose les lois qu’elle jugera nécessai-res , et c’est encore là un très-mauvais moyen d’avoirde bonnes lois ; parce qu’aucun des membres de lachambre n’étant appelé an ministère, les députés peu-vent bien ne pas connaître tous les besoins du gou-vernement. Il faut donc que les ministres aillent eux-mêmes dans les bureaux de la chambre , et qu’ilstrouvent des députés assez complaisans pour faire lespropositions qui leur sont suggérées; mais cette ma-nière de .proposer les lois entraîne tant de longueurset tant d’inconvéniens, que ce serait un grand hasardsi jamais line loi était promulguée à propos.

Ces inconvéniens sont si graves que, depuis la pro-mulgation de la charte constitutionnelle , le gouver-nement paraîtfrappé de mort, et qu’il semble impos-sible de faire les lois qui doivent compléter la cons-titution. Personne ne paraît s’occuper en effet ni del’organisation des collèges électoraux , ni de la res-ponsabilité des ministres , ni de la liberté indivi-duelle : cependant il importe tellement de faire deslois sur ces matières , que la constitution sera nulletant qu’elles ne seront pas réglées. Qu’importe eneftèt que le pouvoir législatif soit séparé du pouvoirexécutif , si les ministres peuvent faire toute espèce-d’actes arbitraires sans encourir aucune peine! Qu’im-