ment démontrée par ce qui s’est passé depuis que lâconstitution a été promulguée. Une loi a été pro-posée au nom du roi pour établir les relations quidoivent exister entre lui et les deux chambres législa-tives 5 elle présentait des dispositions si importantes ,que leur adoption pure et simple aurait essentielle-ment compromis la liberté publique. Cependant leministre qui la proposait paraissait 11e la considérerque comme un simple réglement qui ne devait pasêtre soumis à la sanction de l’autorité législative 5cette manière de présenter laloi a fait naître des soup-çons , et ce n’est pas sur le ministre qu’ils sont tombés.
Ce même ministre avait surpris du roi un acte quiordonnait arbitrairement l’exécution du décret arbi-traire que l’empereur avait rendu contre la liberté dela presse ; voyant qu’il allait être dénoncé â la cham-bre des députés , et qu’il ne pourrait pas employerà sa justification les moyens qu’un de ses collèguesavait déjà fait servir à la sienne , il s’est hâté de faire,présenter par le Roi une loi dont l’objet est de réta-blir la censure. Et qu’est-il résulté de là ? qu’unemultitude d’écrits sont venus fondre sur le projet duroi, et qu’il a été prouvé jusqu’à l’évidence que ceprojet était essentiellement mauvais^ Quant à l’or-donnance du ministre , elle a été oubliée. Ainsi ,c’est en inspirant des soupçons sur la sincérité despromesses que le roi avait faites , et en l’exposant lui-même à la censure publique, que le ministre habileest parvenu à dissiper l’orage qui le menaçait per-sonnellement.