En Angleterre, le roi n’ayant pas celte initiative ,et ses ministres étant responsables de tous les actesémanés de lui, il ne peut jamais avoir de lutte à sou-tenir , parce que toutes les attaques auxquelles cesactes peuvent donner lieu, se dirigent contre les mi-nistres qui les ont exécutés ou qui en ont ordonnél’exécution. En France, il en sera autrement 5 ce serale roi qui aura toujours à lutter contre l’autorité lé-gislative; etsi jamaisles forces sont inégales, il faudrabien que le plus faible succombe.
Cette lutte entre le pouvoir exécutif et le pouvoirlégislatif, que les Anglais ont prévenue avec un art siadmirable, sera d’autant plus dangereuse pour leroi , que , ne pouvant pas connaître par lui-mêmetous leS.besoins du royaume, Usera obligé de s’eurapporter à ses ministres ou à ses conseillers. Il arri-vera donc que ceux-ci abuseront de sa confiance , etlui feront présenter des lois désastreuses pour la na-tion , sous prétexte de bien.public.
D’un autre côté , lorsque les ministres auront faitousigné des actes arbitraires, et qu’ils se verront surle point d’être dénoncés ou poursuivis, ils n’auront,pour se mettre à couvert, qu’à faire proposer par leroi une loi qui légalise les .actes dont ils craindrontles suites. La loi une fois proposée , les ministres semettront à l’écart , feront parler le roi, et emploie-ront la puissance royale pour faire adopter la loiproposée.
Cependant que feront les députés? s’ils cèdent àl’autorité , ils sont perdus dans l’opinion, et leurs