également donné le droit de s’opposer aux résolutionsdes représentais ; ils lui ont donné, en outre, la fa-culté de proposer lui-même des lois auxquelles lesreprésentans peuvent s’opposer à leur tour. Enfin,les choses ont été combinées de manière qu’il est pres-que impossible qu’une mauvaise loi soit promulguée.
Dans le projet de constitution qui devait êtreprésenté aux Français, le sénat avait suivi la mêmemarche ; seulement on pouvait lui reprocher den’avoir pas donné assez de force aux deux chambreslégislatives. Mais dans la rédaction définitive , lesministres du roi ont jugé à propos de suivre unemarche contraire. Persuadés, sans doute , que leurautorité croîtrait de tout ce qu’ils ajouteraient à cellede leur maître, ils ont voulu que l’initiative des loislui appartînt exclusivement, etilsont ditque lesdeuxchambres pourraient proposer au roi de leur proposerles lois qu’elles jugeraient convenables. C’est aumoyen de cette admirable correction, qui leur a parusans doute un trait de génie , qu'ils ont rendu lachambre des pairs à peu près sans objet : qu’ils ontdonné des entraves au gouvernement, et mis en dan-ger le roi et la France elle-même.
L’objet principal de la chambre des pairs en An-gleterre est de s’opposer aux résolutions de la chambredes communes qui porteraient atteinte au gouverne-ment, et de dispenser ainsi le roi de faire un usagetrop fréquent de son veto. Or, il est évident qu’euFrance cet objet est absolument nul, puisque lachambre des députés n’a pas l’initiative des lois.