( ”4 )
seconde question, il demande s’il ne vaut pas mieuxempêcher le mal que de le punir. On voit clairementoù il veut arriver ; c’est la censure qu’il desire : aussi,malgré la feinte aversion qu’il manifeste pour elle , xfinit-il par la croire nécessaire, et par en faire la pro-position. Enfin , sur la troisième question relative auximprimeurs , non-seulement il demande qu’ils soientconsidérés comme complices du mal que peuventproduire les écrits qu’ils impriment, mais il veutencore les placer dans l’heureuse impuissance de rienimprimer de mauvais; et, à cet effet , il propose deles mettre sous la main du gouvernement.
De pareils principes me paraissent ne laisser aucundoute sur les véritables intentions de M. Faure. Laproposition de M. Durbachn’avait peut-être pas un
objet assez déterminé, la sienne.Ses commettans
apprécieront la conduite qu’il a tenue dans cettegrande circonstance ; ils jugeront s’il a pu , sansvioler la constitution et trahir leur confiance , pro-poser le rétablissement d’une censure , quand lacharte ne met d’autres bornes à la faculté qu’elleaccorde aux Français d’imprimer et de publier li-brement leurs opinions, que celles posées par leslois destinées à réprimer les abus de cette liberté.M. Faure dira-t-il qu’une censure mitigée est dansses principes, et que la charte lui paraît avoir laissétrop de latitude à la liberté de la presse ? Il devaitalors proposer de la modifier; mais en laissant sub-sister l’article 8 tel qu’il est, il ne pouvait, de bonnefoi , demander la censure ; et il me paraît impoa-.