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1 (1815)
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individu résolu à braver la mort pour exciter unesédition, sera tenu par la crainte de lamende quilencourra en ne se soumettant pas à la loi sur la cen-sure? Dailleurs , il faut croire quun gouvernementest établi sur desfondemens bien fragiles pour craindrequune brochure puisse le renverser. La patience despeuples devrait avoir rassuré ces gens qui paraissentsi timides ; car ils nignorent pas quil leur faut aumoins huit siècles doppression et de misère pour lesobliger à se remuer. Au reste , quelle que soit la pré-tendue vivacité quon attribue aux Français , ils nesont pas aussi inflammables quon veut bien le dire ;et les villes lon publie le moins de brochures nesont peut-être pas celles du royaume les espritssont les plus calmes. Il semble, au contraire, que ladouleur sirrite par limpossibilité de se plaindre ; onse croit vengé du mal quon souffre , quand on peuten nommer lauteur.

Pour mieux sentir la force des raisons quon peutdonner en faveur du rétablissement de la censure,supposons que les ministres dun roi rassemblenttous les savans , tous les magistrats , enfin tons lesécrivains de la nation , et quils leur parlent en cestermes : Yous avez tous le droit de publier vospen-sées, et de dénoncer ceux de vos agens qui vous op-priment : ce droit est très-précieux, et personne nenconteste ni la justice ni les avantages; cependant ,comme vous êtes tous enclins à la calomnie, et quevous pourriez vous diffamer mutuellement; commevous êtes des étourdis qui pourriez vous réVolter sans

Tom. i er . Cahier 3. Z