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1 (1815)
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doute, il faut la prévenir si cela est possible; maissensuit-il quil faille empêcher tout le monde de par-ler , parce quon peut calomnier en parlant? La pressee.st un instrument dangereux, jen conviens; mais lefer et le feu sont-ils sans dangers, et doit-on en inter-dire le libre usage, parce qu'il peut exister des assas-sins et des incendiaires? Sous le gouvernement im-périal, il fut rendu une loi qui interdisait à tous lescitoyens déporter des armes; les brigands applaudirentà.cette loi, parce quelle leur livrait tous les hommeshonnêtes sans défense. Voilà quel serait leffet duneloi qui établirait la censure; elle ne désarmerait queles citoyens incapables de faire un mauvais usage dela liberté de la presse.

On craint la calomnie et pour la prévenir, on veutdonner aux hommes puissans la faculté de calomnierles faibles, sans îjuil soit permis à ceux-ci de se dé-fendre! On craint la calomnie ! et pour la prévenir ,on veut organiser un vaste système dimposture ,démoraliser la nation toute entière , et la plongerencore dans le despotisme ! Ah ! ce nest pas quandla liberté de la presse existe , que la calomnie est àcraindre, cest quandelle acessé dexister. Un hommedont la conduite fut toujours irréprochable peut au-jourdhui braver impunément la haine ou la ven-geance de liiomnie puissant qui le fait sourdementcalomnier par ses agens ; mais que la liberté de lapresse soit supprimée, et les journaux le diffamerontsans quil lui soit possible de leur répondre.

On craint les écrits séditieux ! mais croit-on quun