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1 (1815)
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103
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( i°3)

rive-t-il ? que létat na plus que des écrivains mer -cenaires , qui ne sentent pas même ce que la censurea dhumiliant, ou qui, sils le sentent, se résignentà tout, dans lespoir de gagner de largent ; maisest-il permis dattendre quil sortira quelque chosede bon dune plume vénale? Dailleurs, lorsque lescenseurs arrêtent injustement un ouvrage, lauteurse trouve en quelque sorte diffamé parleur jugement 5et conçoit-on que lhomme sensé, qui met plus deprix à la probité quaux talens littéraires , veuillecourir un pareil danger ? "Voyea ce qui est arrivésous le gouvernement impérial: on voulait donnerun prix au meilleur ouvrage de morale qui avaitparu depuis dix ans , et lon a été obligé de le don-ner à une grammaire , parce quil ne sétait pas trouvéun seul moraliste qui eût le courage de prendre laplume.

Que lextinction des lumières doive être la suitede létablissement du despotisme et de la destruc-tion de la morale, cest ce qui na pas besoin de dé-monstration. Cependant, je vais faire ici quelquesréflexions qui rendront la chose plus frappante. Jaidéjà remarqué que les sciences avaient pu naître etse perfectionner au sein de la Grèce, sans le secoursde limprimerie , parce que la liberté dont les Grecsjouissaient, et lhabitude quils avaient des assem-blées publiques , leur donnaient toutes les facilitéspossibles pour se communiquer leurs pensées et leursdécouvertes ; que, si elles avaient pénétré en Europe,cétait uniquement parce que les rois avaient été