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acuité de leur répondre ( 1 ) ? Et si les hommescontre lesquels ces écrits se dirigent , y voient uncommencement de persécution , ne devons nous pascraindre , nous qui sommes étrangers aux troublesrévolutionnaires , d’y voir le germe de la guerrecivile ?
Sous ce rapport, le rétablissement de la censurepourrait donc produire les résultats les plus fâcheux.Elle produirait aussi des effets fort mauvais surles mœurs publiques : premièrement en ce qu’elledonnerait du prix à des ouvrages immoraux qu’elleproscrirait sans pouvoir les détruire ; et en secondlieu , en ce qu’elle imposerait silence aux écrivainsqui joindraient à quelques talens littéraires unegrande délicatesse de sentimens. Je crois , en effet,qu’un homme qui serait irréprochable , mais quin’aurait pas de vertus au-dessus de l’humanité ,s’abstiendrait d’une bonne action, si, avant de lafaire , il était obligé de prouver qu’il n’est ni unincendiaire , ni un assassin , ni un voleur. Or, telleest l’épreuve à laquelle on met les écrivains en lessoumettant à la censure : on veut qu’ils prouvent ,avant d’obtenir la permission de dire des chosesutiles , qu’ils ne seront ni des hommes immoraux ,ni des calomniateurs, ni des séditieux. Aussi, qu’ar-
( i ) Je ne parle ici ni de ces gravures ni de ces libellesinfâmes qu’on expose publiquement , ou qu’on laisse cir-culer sans en chercher les auteurs : on croit déshonorerdes hommes qui ne peuvent pas se défendre , et l’on setrompe ; on ne déshonore que soi-même.