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«l’abord trop ignorans pour voir les résultats queproduirait l’étude, des ouvrages de l’antiquité , etqu’ils avaient ensuite été trop faibles pour arrêterl’essort des^esprits (r). Mais aujourd’hui les ouvragesde nos grands écrivains on perdu l’attrait de la nou-veauté 5 et l’on n’ignorepas que depuis long - tempsnos journalistes, soumis d la censure^ ne négligent rienpour les déprécier 5 on ne doit donc pas espérer qu’ilsproduisent sur les générations futures l’effet qu’ilsont produit à leur naissance. D’un autre côté, leshommes ne pouvant pas se réunir comme chez lesanciens, ou les réunions qui peuvent avoir lieu étantmilles relativement à la masse du peuple , que lesjournalistes continueront d’égarer, il est clair que laFrance achèvera de tomber dans l’abrutissement, sila liberté de la presse n’est pas maintenue , et si desécrivains indépendans ne peuvent pas éclairer leursconcitoyens.
On m’accusera peut-être d’avoir exagéré les incon-véniens de la censure , et d’en avoir dissimulé lesavantages. Jeconviendrai de cela quand 011 m’auradémontré que les censeurs seront tous les hommes lesplus probes, les plus impartiaux , les plus éclairés ,les plus courageux, les plus indépendans, les plus
(1) Je ne parle point ici des arts frivoles, parce qu’onsait bien que tous les gouvernemens les ont encouragés ,et pour de bonnes raisons ; je parle des sciences qui ont eupour objet le perfectionnement de l’espèce humaine dansl'art de se gouverner.